lundi 20 juillet 2009

Le Zoulou blanc


Johnny Clegg, vous vous souvenez ? Ce chanteur anglais, idole des Zoulous africains, qui militait contre l'apartheid et avait formé le groupe Savuka ? Dans toutes les mémoires, la mélodie Asimbonanga (pour Nelson Mandela, alors en prison), et Scatterlings of Africa.

Les enfants et moi, on en raffolait ! Bien oublié maintenant, le Johnny Clegg, même s'il chante toujours pour les bonnes causes...

Trouvé sur Youtube:

Les Zoulous







Les voilà enfin, ces mythiques Zoulous, nation fière et guerrière, qui donna bien du fil à retordre aux Boers et aux Britanniques; s'ils furent vaincus, c'est avec les honneurs.



Que sont-ils devenus ? Agriculteurs (sur les plus mauvaises terres) ou main d'oeuvre à bon marché dans les villes. Bien sûr révoltés pendant la dure période de l'apartheid, membres de l'ANC ou de l'Inkhata.



Que reste-t-il de leur gloire ? La musique, la danse, le travail des perles... On nous emmène dans un parc pour une "initiation à la culture et aux rites zoulous". Un village reconstitué, avec ses cases, son sorcier, ses artisans. Ses jeunes filles à marier aux seins nus (qui allument les fantasmes des messieurs), sa bière de mil artisanale, à laquelle les plus audacieux goûtent, beerk... Et puis un spectacle de danse, acrobatique, expression magnifique d'un peuple dont l'esprit semble intact.



Mais tout cela n'est que figuration; ceux-là ont au moins un emploi, me souffle-t-on. OK, mais où est donc la justice ?

Crocos en stock


Nous dormons une nuit dans un lodge qui abrite un lac rempli de crocos... Brr, une affiche annonce deux Hollandais imprudents, ayant servi de repas aux fauves ! Quant au lodge, c'est un lodge, et ce qu'on y perd en luxe, on y gagne en pittoresque; moi j'aime bien, mais les nombreux snobs qui composent le groupe sont mécontents; je plains Gaétan qui doit calmer son monde...

Heureusement mes cinq amis sont comme moi, toujours de bonne humeur, prêts à prendre les petites contrariétés avec le sourire. J'ai beaucoup bourlingué depuis 2003, et vraiment ceux qui se plaignaient des hôtels durant ce voyage n'avaient jamais vu l'Afrique, la vraie, celle des "campements" du Mali, ou des "guesthouses" d'Ethiopie ou du Soudan. Une des raisons pour lesquelles j'ai cessé de me joindre à des groupes.

Humour sud-africain




Le parc Kruger est immense, et bien entendu il est impossible d'observer en une journée les milliers d'animaux qui y vivent en paix - si l'on excepte les innombrables touristes qui sillonnent les nombreux chemins en jeep, flanqués de leurs rangers en uniforme! Un repas au lodge central - qui s'apparente à une bataille rangée pour parvenir au buffet - donne une idée de la fréquentation quotidienne. C'est l'envers du décor.


On trouve dans les nombreuses boutiques un livre de Rose Ridgen que je trouve remarquable, où les animaux se moquent allègrement des touristes; cet intermède d'autodérision fait vraiment du bien au milieu d'une telle industrie du "safari organisé".


En voici deux extraits...


"Wildlife", de Rose Ridgen, vol I; il en existe trois à l'heure actuelle...

Le Parc Kruger











L'un des plus célèbres parcs nationaux du monde... Immense (20000 km2), et réuni actuellement au parc Limpopo du Mozambique. Créé en tant que parc national en 1926, on lui donna le nom du président du Transvaal Kruger, qui avait eu l'idée, déjà en 1896, d'une réserve protégeant les animaux à cet endroit. Il faut bien dire que sans ces initiatives - les réserves, privées ou d'état- il n'y aurait plus d'animaux sauvages en Afrique, et malgré tout, de nombreuses espèces - comme les gorilles ou les éléphants - sont en danger.


Le parc Kruger est célèbre pour ses lions; j'ai pu en voir à la jumelle, ou se reposant à côté de la jeep. J'ai vu beaucoup d'autres animaux, mais à cette époque, je n'étais pas encore la photographe enragée que je suis devenue, aussi, très peu de documents ! Tout dans ma tête.
PS. Dans le trou, des hyènes

dimanche 12 juillet 2009

Premier safari (réserve de Hoedspruit)




Chacun sait qu'un safari, c'est quitte ou double: on peut voir un guépard ou ne rien voir du tout. Ce safari est une première pour moi - jamais encore je n'ai vu d'animaux sauvages en réelle liberté. J'en serai pour ma faim, car les seuls animaux dont j'ai la photo sont: une girafe, que sa taille prédisposait à une rencontre, et ... une tortue, qui ne risquait pas d'aller plus vite que notre jeep! Même le retour à la nuit ne nous mit pas en présence d'un quelconque fauve; et le seul épisode dont je garde un souvenir amusé est la difficile installation d'un pare-brise en plastique au moment d'une averse imprévue; les deux rangers noirs se battaient avec l'objet manifestement inadapté au pare-brise, un gag digne des "Dieux sont tombés sur la tête". Le soir, la pluie toujours au rendez-vous, on nous supprima le feu de camp prévu, et j'ai aussi un excellent souvenir d'une soirée au vin blanc autour du buffet de remplacement, avec mes 5 amis. On nous logea dans un lodge tout en bois, un vrai labyrinthe, pouvant absorber tout un airbus.

Les townships


Chancre de l'Afrique du Sud ou de l'Afrique tout court ?? Le régime de l'Apartheid a scandalisé le monde et mis l'accent sur ces bidonvilles noirs aux conditions de vie déplorables, alors que les Blancs vivent dans de confortables villas avec piscines et jardins fleuris... L'ANC au pouvoir tente de proposer des townships décents, avec électricité et eau courante, et possibilité d'acquérir son logement à des prix raisonnables. C'est en tout cas ce qu'on nous raconte et qu'on nous montre, quelques lotissements propres en dur. Mais on ne peut cacher les 32 km de bidonvilles crasseux qui s'étirent avant Capetown et abritent des milliers de chômeurs désoeuvrés, terreau de la délinquance. J'ajouterai que toutes les capitales africaines que j'ai pu voir sont entourées d'un tel chancre de cabanes innommables, habitées par les sans emplois de la campagne que la ville ne peut absorber. Et aussi que moult belles villas sud-africaines sont maintenant la propriété d'une élite noire qui a changé de camp...
Photo: prise du car, avant Capetown; remarquez les câbles électriques; il existe désormais "des visites guidées" des townships, on peut y acheter des souvenirs et y écouter le jazz local (très beau, j'ai un cd); mais bien entendu notre voyage VIP ne nous a pas emmenés dans ce lieu réputé dangereux; on fait même du tourisme avec la misère.