mardi 28 juillet 2009

Magie des noms...


Vous me connaissez: je fonctionne aux mots ! Alors, l'Ouzbekistan... ! Une succession de noms mythiques, Khiva, Boukhara, et surtout Samarcande ! Les fastes de l'Orient, les mystères d'un pays resté longtemps fermé - les émirs de Boukhara exécutant les étrangers (j'ai lu quelques récits d'exploration de l'époque). Bon, on n'en est plus là, même si Karimov est un autocrate. Mais l'histoire regorge d'épisodes glorieux: Tamerlan, Alexandre le Grand, épousant la belle Roxane en l'antique Sogdiane. De nombreux monuments, à l'abandon sous les Soviétiques, sont maintenant restaurés ou en voie de l'être. Le pays est arrosé par l'Amou-Daria, l'Oxus des Anciens. Occupé en grande partie par le désert du Kyzilkum, et vous le savez, je suis très attirée par les déserts. Et aussi c'est la première fois que je mets le cap à l'est, que je vais en Asie, en Asie musulmane. En fait, cette destination a tout pour me plaire.
Photo: le tombeau de Tamerlan à Samarcande

L'Ouzbekistan


Quand je parle de mon projet autour de moi, on est très étonné: l'Ouzbekistan ? c'est un pays de Tintin ? Ca se trouve où ? Ca existe vraiment ?

Eh bien oui ! Ancienne république socialiste soviétique de l'Asie centrale, devenue indépendante à l'effondrement de l'URSS. La population se partage entre Russophones (installés pour russifier le pays sous les Soviétiques), Ouzbeks (turcophones) et Tadjiks (apparentés aux Iraniens) pour la majorité. Religion musulmane. Capitale: Tachkent. Pays dirigé de main de fer par Islam Karimov, président réélu presque automatiquement; état policier où se pratique toujours la torture et où les révoltes sont matées dans le sang.

Sur le plan historique, glorieuse patrie de Tamerlan, le célèbre conquérant sanguinaire (mais amoureux des arts, il épargnait les bons artisans); dire qu'à cette époque, nous étions les maîtres du monde, soupire Gulya, qui s'identifie volontiers aux Ouzbeks quand ça l'arrange. Nostalgie que je retrouverai dans la Mongolie de Gengis Khan...

Je ne suis pas enthousiaste à l'idée d'encourager un régime dictatorial, mais Gulya balaie mes arguments en disant que si le tourisme est boycotté, le peuple souffrira deux fois: du régime et de l'isolement... Raisonnement que me tiendra également Ronald au moment de partir en Birmanie. Encore maintenant, je ne suis pas vraiment convaincue, mais il y a tellement de régimes corrompus dans le monde qu'il est difficile de les éviter tous...

Cap sur l'Orient !


Peu après le voyage africain, un coup de téléphone va changer mon destin pour quelques années: en m'informant de leur futur programme auprès de l'agence Préférence, je tombe sur Gulya, qui y fait un stage; une amitié commence, et grâce à elle je ferai connaissance avec Ronald; tous deux m'apprendront à voyager seule. Mais n'anticipons pas ! Dans un premier temps, elle me persuade de participer à un voyage en Ouzbekistan; ce sera en mai 2004.

Ici il convient de présenter Gulya; elle se revendique tatare, un peuple opprimé par Staline, déplacé de Crimée vers l'Oural et les régions désertiques de l'Asie centrale; elle fait partie des nombreux Tatares qui se sont finalement installés en Ouzbekistan pendant la période soviétique; en fait elle est russophone, et si elle se dit également ouzbèque avec fierté, elle ne parle ni ouzbek, ni tadjik...Pour eux, elle est russe. Après une jeunesse mouvementée, elle s'est mariée avec un Belge, vit à Bruxelles avec leurs deux petites filles, Tamila et Sabina, et a repris des études de tourisme (qu'elle ne terminera d'ailleurs jamais). Côté personnalité, elle est fantasque, généreuse, ouverte et très sociable; entre elle et moi naît rapidement une sympathie puis une amitié.

lundi 27 juillet 2009

Bye Bye South Africa


Et c'est ici que se termine ce périple... Maintenant que je connais mieux l'Afrique noire - le Mali, le Soudan, l'Ethiopie -, je peux témoigner combien l'Afrique du Sud est un pays africain vraiment à part. Les Blancs - Afrikaners ou Britanniques - ne se considèrent pas comme des colons, mais bien comme les "natifs" de ce pays. Alors comment résoudre le problème de la cohabitation ??? Pays très avancé économiquement mais quid de la répartition des richesses ??

Questions qui demandent des kilomètres de discussions...

En attendant nous remontons dans un avion vers Londres, non sans nous faire photographier tous ensemble, les 6 amis d'Afrique, toujours fidèles, toujours heureux de se retrouver depuis 2003.

De gauche à droite, une intruse, Nicole, Toni, votre blogueuse préférée période avant Elena, Monique, Françoise et Raymond.

Je les embrasse tous virtuellement...

Le jardin botanique de Kirstenbosch







Dernière visite à Capetown: ce jardin célèbre dans le monde entier... Un jardin, que dis-je, un parc, 528 ha, s'étendant dans la banlieue de la ville, sur le flanc oriental de la montagne de la Table. En partie jardin parcouru de chemins et sentiers, en partie forêt naturelle. Les collections comprennent toutes les plantes et arbres d'Afrique australe. C'est un endroit magnifique, où il fait bon flâner dans les allées et les serres, même pour moi qui ne reconnais que les baobabs. Le paradis selon Magali.



Avec plaisir, j'y photographie des écoliers en balade, Noirs pour la plupart; je devine qu'il n'en a pas toujours été ainsi...



La fleur est une protea, la fleur nationale d'Afrique du Sud.

Le Cap







Capetown est bâtie dans un site extraordinaire, en bord de mer, au pied de montagnes uniques au monde, la Montagne de la Table et la Montagne du Lion.



Vu de la mer, ou du ciel, c'est un endroit remarquable, un des lieux magiques du monde.



Malheureusement, la ville elle-même est assez insipide; les quartiers historiques sans aura, et le Waterfront d'un modernisme agressif. Juste échappe à la monotonie le quartier malais, aux maisons colorées.



L'impression générale est assez décevante, sauf si on lève les yeux sur les montagnes.



A notre programme une montée (en car) à Signal Hill, pour le point de vue, un tour de ville (en car), une balade au rutilant centre commercial du Waterfront, un dernier shopping de souvenirs industriels au "marché artisanal" et un repas dans un restaurant.... grec ! Pourquoi ce choix, je ne le comprendrai jamais ! En fait, au Waterfront, rien que de la cuisine internationale, et même un restaurant belge...
Photos: la Table, le Lion, le quartier malais



Le cap de Bonne Espérance







Un de ces lieux mythiques auxquels je ne peux résister... !



Attention, ce n'est pas le point le plus au sud de l'Afrique !! Le partage des eaux, entre l'Océan Atlantique et l'Océan Indien, se situe au Cap des aiguilles, 150 km plus loin... Mais psychologiquement, on situe ce point au Good Hope Cape, car c'est à partir de ce moment, venant de l'Equateur, que l'on commence à naviguer vers l'est.
Toute la péninsule du Cap ( voir carte) est décrétée réserve naturelle: on y trouve plein d'animaux en liberté, des paysages sauvages préservés et .... des milliers de touristes. Deux arrêts obligatoires: Cape Point et Good Hope Cape, moins spectaculaire que le premier...
Inutile de préciser que soufflait là-bas un vent dément !