lundi 4 février 2008

Hytter à louer







En Norvège, chaque terrain de camping propose des "hytter" à louer, entendez des chalets en bois, généralement munis d'une plaque électrique pour cuisiner et d'un frigo; à Oslo, vu le déluge, ils sont tous occupés; je décide donc de continuer la route, renonçant au musée Munch - un des rares musées européens qui ont échappé à ma visite, vu que je ne suis jamais retournée à Oslo.



Nous partons vers le nord, direction Lillehammer et Dombas. Les paysages traversés sont variés, toundra, haute montagne, très peu de villages et distances énormes entre les villes. Bientôt les camps de Lapons apparaissent, mais ce sont des installations pour touristes, où l'on peut acheter un artisanat médiocre à des femmes portant le costume traditionnel; sur la route des panneaux préviennent de passages possibles de rennes: j'ai lu qu'ils ont toujours priorité !



Nous faisons halte dans un camping tranquille au bord d'un torrent et nous louons un hytter ( au prix fort )- c'est le premier d'une longue série, car il est urgent de faire sécher tout le matériel et le linge. Même les malles ont percé et les réserves de vêtements sont humides...Mais le ciel a pitié de nous et le soleil revient- un jour seulement !

dimanche 3 février 2008

Oslo sous la pluie







Le trajet en ferry - six heures - est une redoutable expérience; sur le pont il fait glacial; à l'intérieur, les consommations sont hors de prix... nous faisons la traversée avec le même coca et mangeons nos tartines en douce; Benja, qui ne perd jamais le nord, récupère les pièces qui traînent dans les jeux électroniques ou les distributeurs de friandises ! A l'arrivée à Kristiansand, modeste port entouré de maisons en bois peintes de couleurs vives, il pleut des cordes; nous nous trompons de chemin et aboutissons sans le savoir dans un camping tenu par une secte: démarchage, distribution de prospectus de propagande, spectacle naïf sur le thème de la fraternité humaine. Témoins de Jéhovah à la scandinave. Fuite en avant dès le lendemain matin. Autre camping en bord de mer et jeux entre deux averses. S'il n'y avait pas ces maisons en bois rouges et vertes, on se croirait en Bretagne.



A Oslo, la pluie devient continue ou presque. Heureusement il y a les musées, splendides. Le Fram, voilier des glaces; les élégants bateaux vikings; le Kon-Tiki et le Râ, les deux radeaux de Thor Heyerdhal, l'ethnologue qui traversa le Pacifique sur un radeau de bois de balsa (encore un livre qui a bercé mon enfance). Et surtout, le musée de plein air, ses antiques habitations reconstituées et ses magnifiques églises en bois. Le soir je paie des hamburgers dans un fast food, c'est une folie en soi, mais il pleut tellement que nous y restons le plus tard possible, avant de nous glisser dans nos sacs de couchage, sous nos tentes trop légères qui commencent à percer. Bientôt nous n'aurons plus de linge propre ni sec.

Le pays plat




Aussi plat que la Flandre, il y a le Danemark. Ce n'est pas un pays de touristes. Qui va au Danemark ? A vrai dire, si l'on n'apprécie pas les immenses plages à moitié désertes, ou les petits ports endormis, ou les landes interminables entre deux carrés de maisons basses, ou les parcs didactiques aménagés en sites préhistoriques, ou encore les balades à vélo, il vaut mieux mettre le cap sur l'Espagne. Ce qui est certain c'est que les maillots de bain ont peu servi. Par contre les Kways et les pulls...


Venant de Hambourg, mon itinéraire consiste à remonter le Jutland jusqu'à Hirtshals, d'où part le ferry pour la Norvège. Visite du parc de Jerle Hede, consacré à la préhistoire, où les enfants apprennent à allumer le feu avec une pierre de silex (très utile). Détour pour admirer la pierre runique de Jelling, ma foi assez impressionnante. Le sommet: une journée consacrée au parc d'attraction de Legoland, concept peu répandu à l'époque dans nos contrées. Il pleut régulièrement mais nous ne sommes pas encore lassés. Pourtant notre matériel n'est pas adapté: aucun abri pour cuisiner au sec, encore moins pour manger; nous prenons l'habitude de prendre les repas assis dans nos tentes respectives, et il m'arrive même de cuisiner dans les sanitaires et d'apporter les plats sous un parapluie... Le restaurant, il n'y faut pas songer, les prix sont anti-démocratiques; même les plats cuisinés - nous sommes six, dont cinq adolescents affamés ! - sont trop chers pour ma bourse; nous avons donc repris les concours de pommes de terre à l'eau, régulièrement gagnés par Delphine et Benjamin.




Une folie ?


Tout bien réfléchi, le projet Scandinavie était l'inconscience même ! D'abord pour l'aspect budget: le prix du ferry entre le nord du Jutland et la Norvège, qu'il fallut réserver longtemps à l'avance, était réellement prohibitif; et même si j'étais au courant du coût élevé de la vie dans les pays du nord, je n'avais pas conscience à quel point, et combien le carburant, les campings et tout simplement la nourriture allaient grever mon maigre capital vacances. De plus, Manu, pour une fois, faisait partie de l'expédition, et il fallut acheter une petite tente canadienne supplémentaire, destinée à Delphine qui vivait une phase solitaire de l'adolescence.

Comme d'habitude, je sous-estimai les distances et n'atteignis jamais notre but: le Cap Nord. Et pour terminer, habituée aux climats chauds du sud, je n'avais absolument pas prévu cinq semaines et demie de pluie sur les six semaines du périple...

Et pourtant ! Ce voyage est un excellent souvenir plein de péripéties, le dernier où nous étions au complet, un programme très original que personne dans nos connaissances n'avait même pensé à imaginer !

vendredi 1 février 2008

Toujours sur la route






L'année 85 nous voit à Nancy (colloque de la Passion, prétexte à du tourisme dans la région, logement dans un monastère !), puis à Wimereux, où le climat est rude - vagues géantes sur la digue; camping impossible aussi nous avons logé dans un hôtel sans étoiles, entassés à cinq dans la chambre. Amusement maximum dans les dunes autour des deux Caps, le Gris Nez et le Blanc Nez, région où je retournerai avec mes petits-enfants beaucoup plus tard.



Début juillet, mon premier voyage à Londres, en compagnie de Manu et de Delphine; logement dans un de ces hôtels désuets et inconfortables du quartier de Hyde Park, fréquentés par les routards et les bourses plates. Londres est une ville que j'aime et que -maintenant - je connais par coeur. Voyez mère et fille au repos à Hyde Park; la Serpentine n'est pas loin, ni le corner du speaker du dimanche matin. Avec Manu, qui a commencé des études de traductrice, curieuse de tout, nous vivons un séjour particulièrement culturel et intéressant. Découverte du British Museum et des Turner du Tate Gallery. Et même séance à la Chambre des Communes !

Par monts et par vaux




De Madrid aux Pyrénées, longue route monotone sur un plateau aride (hmm, c'est le parcours de St Jacques...), avec juste un arrêt à Saragosse; j'ai décidé de passer par Andorre, que je ne connais pas.


Andorre est comme vous savez, une route unique bordée de magasins hors taxes, sans charme, et il faut se perdre dans les petites voies transversales pour arriver en montagne. Il pleut, ça n'encourage pas à la rando, aussi j'achète un transistor et on passe notre chemin...


Après c'est la France, terrain connu; il reste encore un peu de temps, alors on visite Carcassonne, et puis on se fixe au Rozier, dans les gorges du Tarn. Le soleil est revenu, quelques jours de rando, rocher de Cap-Luc (prémonitoire pour Delphine) et chaos de Montpellier-le-Vieux. Admirez les belles randonneuses, en sandales et en espadrilles !


Les vacances 84 ont vécu, place aux projets 85 ! Ils sont déjà dans ma tête: ce sera la Scandinavie.

Aventures espagnoles











Revenons à nos moutons. Cap sur Salamanque et les villes de l'intérieur de l'Espagne; cette fois je suis bien décidée à renoncer aux plages et à amorcer la partie vraiment culturelle du voyage. Pas une seule fois les enfants ne se sont plaints: ils ont visité infatigablement villes anciennes, monuments, palais, musées, et se sont intéressés à tout.




A Salamanque (célèbre ville universitaire à l'architecture éblouissante): première aventure; pendant que nous nous promenons, un indélicat fracture la portière passager avant de la voiture et dérobe les petits portefeuilles des enfants laissés dans la boîte à gants, en négligeant l'appareil photos oublié sur le siège arrière ! Perte d'argent minime, mais disparition des cartes d'identité... longues formalités à la police (qui se montrera efficace, je recevrai les cartes par la poste, plus tard, en Belgique !); nous voilà obligés de continuer le voyage avec une portière qui ne ferme plus, ce qui me stresse parfois, mais que faire ?




Je ne renonce à rien: Avila et ses remparts, Segovie et son aqueduc (deuxième aventure, je casse un objet dans une boutique, obligée de l'acheter, le bricoleur Benja le recollera à la maison), la visite approfondie de l'Escurial, le cimetière de Los Caidos dans la sierra (où sont enterrés côte à côte les victimes des deux camps de la guerre civile), Madrid et le Prado (les enfants s'étaient entraînés au Louvre et ont très bien supporté) et surtout Tolède, qui nous laisse de superbes souvenirs, moi pour le Greco, et les enfants pour les couteaux qui garnissent les vitrines... Le temps est ensoleillé, les campings agréables (j'ai le souvenir de sanitaires tout en marbre...), la nourriture excellente. C'est à regret qu'il faut repartir, tout a une fin.